Je soutiens Vincent

Comité de soutien à Vincent Lambert

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Author: N.

Les avocats des parents de Vincent Lambert déposeront demain un « référé-liberté »

Près de 90 000 personnes ont signé l’appel pour sauver Vincent Lambert.

Les  avocats des parents de Vincent Lambert déposeront demain un recours appelé « référé-liberté » auprès du Tribunal Administratif de Chalons en Champagne. Ce recours est suspensif et fait valoir des éléments médicaux laissés sciemment de côté par le docteur Sanchez du CHU de Reims. De nombreuses incohérences sont dénoncées par les avocats qui ne cessent de rappeler que Vincent ne fait pas l’objet d’une obstination déraisonnable.

Par ailleurs, dimanche, le Pape François, l’une des plus hautes autorités morales internationales, a attiré l’attention sur la situation de Vincent et a demandé que « chaque malade soit toujours respecté dans sa dignité et soigné d’une manière appropriée à son état de santé, avec l’appui de la famille, des médecins et des autres professionnels de santé, avec un grand respect pour la vie « .

Alors que s’ouvre une semaine cruciale pour sauver Vincent d’une mort certaine, ses amis, réunis dans son comité de soutien continuent leur mobilisation.

 

 

Soutenons Vincent Lambert

L’appel de Viviane Lambert au Président de la République

Monsieur le Président,

 

Mon fils a été condamné à mort. Il s’appelle Vincent Lambert, il est père d’une petite fille, il vit, et il n’a commis aucun crime. Et pourtant, ce lundi 9 avril 2018, en France, un médecin m’a annoncé que dans 10 jours commencerait la lente et longue agonie de mon enfant, qui va mourir de faim et de soif.

Ce même lundi, vous étiez aux Bernardins pour parler du handicap et de la vulnérabilité. Et vous avez évoqué l’exigence de l’effectivité. Et vous vous êtes engagé personnellement, avec ces mots : « Je pense, pour ma part que nous pouvons construire une politique effective, une politique qui échappe au cynisme ordinaire pour graver dans le réel ce qui doit être le premier devoir du politique, je veux dire la dignité de l’homme. »

Permettez-moi de vous prendre au mot, monsieur le Président : mon fils n’a pas mérité d’être affamé et déshydraté. Qui oserait, à cet égard, parler de « mourir dans la dignité » ?  Pourquoi lui infliger cette peine ?  Quelle faute Vincent a-t-il commise ?

Permettez-moi, pour que vous puissiez en juger, de vous le présenter, et de vous rappeler son état.

Vincent est un jeune homme de 42 ans, en situation de grand handicap. Suite à un accident de voiture, il est en état pauci-relationnel. C’est un état de conscience minimale qui l’empêche de communiquer verbalement. Mais c’est tout ! Vincent n’est pas dans le coma, il n’est pas malade, il n’est pas branché. Ce n’est pas une machine qui maintient mon fils en vie. Il respire sans assistance. Il se réveille le matin, et s’endort le soir. Quand nous, ses parents, sommes avec lui, il a des réactions. Il nous suit du regard, parfois intensément, également avec son frère David qui est très proche de lui.

Il a eu en notre présence plusieurs vocalisations dont une que nous avons filmée et qui a impressionné les médecins spécialistes à qui nous l’avons soumise et qui affirment qu’il n’est pas en état végétatif.

Alors qu’il avait perdu le réflexe de déglutition, il l’a retrouvé. J’ai pu lui donner à manger de la nourriture qu’il a déglutie sans aucune difficulté. Nous avons soumis ce film également à ces dizaines de spécialistes qui, tous, ont affirmé qu’il devait être rééduqué à remanger par la bouche. Mais il faut le faire selon des protocoles spécialisés, avec une équipe pluridisciplinaire, dans une unité spécialisée, dans le cadre d’un projet de vie en lien avec sa famille.

Au lieu de cela, il n’y a plus pour lui qu’un projet de mort. Et un médecin, à REIMS, sans tenir aucun compte de tous ces avis spécialisés, a décidé d’arrêter son alimentation et son hydratation donnée par sonde, sans lui permettre d’être pris en charge ailleurs pour être rééduqué et stimulé.

Vincent est handicapé mais il est vivant.

Bien évidemment, sa situation est dramatique. Je suis sa mère : vous pouvez imaginer comme j’en suis meurtrie et la souffrance quotidienne qu’il me faut porter. Est-ce pour cela qu’il faudrait l’éliminer ? Ma famille, dans cette épreuve s’est divisée et cela ajoute à ma douleur.

Comme les 1700 personnes porteuses du même handicap que lui, Vincent aurait donc dû être placé dans un service spécialisé pour personnes cérébrolésées. Mais il a été mis en soins palliatifs, sans traitements adaptés, sans le service de kinésithérapie qui lui permettrait de faire les progrès permis par son état. Plusieurs établissements qui accueillent des personnes victimes de graves accidents de la route sont prêts à l’accueillir et le voilà retenu dans le centre de soins palliatifs d’un hôpital incompétent pour une telle prise en charge.

Pourquoi cet acharnement contre mon fils ? Et est-ce que ces 1700 personnes handicapées en état pauci-relationnel vont aussi être condamnées à mort ?

Monsieur le Président, il y a quelques années, le 29 avril 2013, au chevet de mon fils, je l’ai vu mourir. J’ai vu qu’il mourait alors que son handicap n’est pas mortel. J’ai été foudroyée : je me suis aperçue que depuis 20 jours Vincent n’avait rien mangé, parce qu’on avait coupé son alimentation sans rien nous dire et qu’il était desséché parce qu’on avait décidé de réduire son hydratation. Vincent me regardait ; et il pleurait. Des larmes coulaient le long de ses joues. A ce moment-là, mon fils souffrait. Non de sa maladie, mais parce qu’on l’avait abandonné. Et condamné. Il m’a fallu encore 11 jours pour réussir à  ce que l’on remette la sonde gastrique  de Vincent afin de  l’aider à manger et à boire.

Etait-ce digne ? Etait-ce médical ? Je ne le crois pas. Mais par-dessus tout, je ne comprends pas quelle loi, quelle volonté politique pourrait vouloir et justifier que l’on condamne à mort un individu parce que l’on refuse de le soigner.

L’état de Vincent, tenace bien qu’il soit immobilisé depuis 2008, toujours en vie bien qu’on l’ait affamé pendant un mois, témoigne de sa réelle volonté de vivre. Les 25 spécialistes que nous avons consultés l’ont affirmé par écrit : le fait d’avoir survécu 31 jours sans alimentation et une hydratation réduite est incompatible avec une prétendue volonté de mourir.

Et pourtant, ce lundi 9 avril, un médecin a, à nouveau, décidé la mort de mon fils pour la 4ème fois. Même ce médecin écrit que sa volonté est incertaine. Alors, dans le doute de sa volonté, il doit mourir ? On vous dira que c’est une décision médicale pour refus d’acharnement thérapeutique. Mais c’est faux. Vincent n’est pas en fin de vie. Il n’est pas malade. Il ne souffre pas. Lors de la procédure collégiale, 24 spécialistes ont adressé un courrier à l’hôpital de Reims pour indiquer que Vincent Lambert n’est pas en situation d’obstination déraisonnable. S’il faut qu’il meure, ce n’est pas pour sa dignité : c’est par volonté euthanasique. Vincent va être sacrifié pour faire un exemple. Mon fils doit être un cas d’école.

Monsieur le Président, je vous demande  de me recevoir en urgence accompagnée des médecins spécialisés qui connaissent Vincent pour l’avoir vu et qui pourront vous expliquer son état de santé réel.

 

Campagne pour sauver Vincent : #JeSuisVincentLambert

Le Comité de soutien à Vincent Lambert lance la campagne #JESUISVINCENTLAMBERT :

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Rien n’est perdu pour Vincent

Le 22 mars 2018

Chers amis du Comité de soutien,

Comme nous vous l’avions déjà expliqué, le docteur Vincent SANCHEZ chargé du dossier de Vincent a reçu les différentes parties dans le cadre de la quatrième procédure collégiale démarrée en septembre. Une réunion de concertation avec des médecins a eu lieu en janvier.

Le Dr Sanchez doit rendre prochainement sa décision sur l’éventuel arrêt de l’alimentation et de l’hydratation.

Cette période revêt donc une particulière importance.

Les parents de Vincent ont reçu le concours très important d’un des plus grands spécialistes des patients dans la situation de Vincent, médecin qui est unanimement respecté dans la profession dans laquelle il jouit d’une très grande autorité morale. Ce spécialiste a longuement argumenté sur un plan médical auprès du Dr SANCHEZ pour la poursuite des soins de Vincent et sa prise en charge dans un service spécialisé pour que l’on puisse exploiter ses capacités et lui permettre d’évoluer positivement puisqu’il respire de manière autonome, son état général est stable, il a des aptitudes relationnelles et de déglutition. Il ne relève donc pas d’un questionnement d’obstination déraisonnable.

En pratique, envisager pour lui l’interruption de l’alimentation entérale, avec pour effet son décès est totalement illégitime et inacceptable.

D’autres médecins spécialistes des patients comme Vincent, sollicités par un autre médecin reconnu de la profession, qui ont pu voir une vidéo de lui déglutissant la nourriture donnée par sa mère, se sont également manifestés auprès du Dr SANCHEZ pour témoigner qu’il ne relève pas d’une obstination déraisonnable mais d’une prise en charge dans un établissement spécialisé.

Rien n’est donc perdu pour Vincent.

 

Le transfert de Vincent dans un établissement spécialisé vient d’être refusé par la Cour de Cassation

Chers amis du Comité de soutien,

Avant la « trêve des confiseurs » et compte tenu de l’actualité, nous devions vous donner des nouvelles de la situation de Vincent.

Vendredi 15 décembre, la Cour de Cassation a rendu un arrêt dans lequel elle dénie aux parents de Vincent la possibilité de demander son transfert vers un autre établissement de santé.
« Seul le tuteur (… donc Rachel LAMBERT) est recevable à saisir le juge des tutelles (…) d’une demande relative à une décision ayant pour effet de porter gravement atteinte à l’intégrité corporelle de la personne protégée ou à l’intimité de sa vie privée », a prétendu la Cour de cassation dans son arrêt, alors que le transfert était demandé pour mettre fin aux atteintes à son intégrité corporelle !

« Au regard de l’état de santé (du patient) son transfert dans un autre
établissement de soins constituait un acte grave (…) de sorte que seule la tutrice était recevable à présenter la requête », a précisé la Cour de Cassation dans son arrêt annulant par là-même un arrêt de la cour d’appel de Reims en mars 2017 déclarant que les parents pouvaient faire cette demande.

Pourtant, Vincent se trouve dans une situation de maltraitance par omission de soins. Compte tenu de cette situation, les avocats des époux Lambert pensaient que la Cour allait confirmer la recevabilité des parents pour demander le transfert de leur fils.

En ne la reconnaissant pas, elle cherche à faire taire ceux qui s’opposent à la mort de Vincent et qui réclament, sur la foi des attestations des meilleurs spécialistes, qu’ils soit enfin soigné conformément aux exigences médicales

Aujourd’hui chers amis, Vincent est bien vivant, il réagit, ses parents le visitent quotidiennement, il pourrait être rééduqué à la déglutition, s’asseoir dans un fauteuil, être stimulé et pourtant tout cela lui est refusé.

Vous connaissez le regard de Vincent. Il n’en a pas changé. Ce regard nous interroge ? Allons-nous l’abandonner ?

Comme nous vous l’avions dit dans notre précédent message, l’équipe médicale du CHU dirigée par le Dr Vincent Sanchez a reçu les différentes parties dans le cadre de la quatrième procédure collégiale démarrée en septembre. Une réunion de concertation avec des médecins doit se tenir le 17 janvier. Après, une décision sera prise par le médecin.

Ne nous démobilisons pas.
Restons auprès de Viviane et Pierre, Pour la vie de leur fils.

N’hésitez pas à diffuser les nouvelles de Vincent sur les réseaux.

Octobre 2017 : le point sur la situation de Vincent Lambert

Vincent Lambert a encore besoin de vous !

Chers amis du Comité de soutien,

Vous êtes restés trop longtemps sans nouvelles. Il est temps aujourd’hui de vous tenir au courant.

Vincent est toujours dans la même situation, vivant mais sans soins adaptés à son état. Nous avons, en vain, poursuivi les actions pour le faire transférer dans un établissement où il pourrait réellement être pris en charge.

Par ailleurs, un nouveau rebondissement s’est produit le 22 septembre : le docteur Vincent Sanchez, nouveau médecin en charge de Vincent au CHU de Reims, a informé la famille qu’une nouvelle procédure collégiale allait être engagée sur la demande du demi-neveu de Vincent, François Lambert. Comme les trois précédentes, elle peut aboutir à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent.

Les avocats ont immédiatement écrit au médecin pour lui dire qu’il ne suffisait pas que François Lambert demande une collégiale pour qu’il soit tenu de l’engager. Cela nécessite au préalable une suspicion d’obstination déraisonnable, ce que François ne peut pas savoir puisqu’il a reconnu ne plus venir voir Vincent depuis des années. Les avocats ont également rappelé que le médecin ne pouvait engager aucune procédure collégiale tant qu’aucune décision n’avait été rendue sur le transfert demandé, instance actuellement pendante devant la Cour de cassation.

La perspective de cette nouvelle procédure intervient alors que des chercheurs de Lyon ont annoncé que l’état de conscience d’un homme plongé dans un état végétatif depuis des années avait pu être augmenté grâce à une technique de stimulation nerveuse. C’est une avancée majeure de la recherche neurologique. Celui dont on dit qu’il est aujourd’hui « inaméliorable » peut l’être demain.

L’année 2017 a été, au plan judiciaire, une année importante dans l’accompagnement de Vincent Lambert et de la partie de sa famille qui souhaite qu’il soit traité comme un être humain handicapé, de manière respectueuse de son état.

  • Sur le plan pénal : les avocats des parents de Vincent ont déposé plainte pénale pour maltraitances, tentative d’assassinat en avril-mai 2013, violation du secret médical, séquestration et atteinte à la liberté individuelle contre le CHU et les médecins successifs de Vincent ; et pour tentative d’escroquerie au jugement et fausse attestation contre Rachel, épouse de Vincent. Un juge d’instruction a été saisi. Le procureur de la République a prétendu que les parents de Vincent seraient irrecevables dans ces demandes car ils ne subiraient selon lui pas de préjudice personnel de la situation (bien qu’ils soient présents dans sa chambre tous les jours…). Le juge d’instruction a refusé d’informer et considéré qu’ils étaient irrecevables comme parties civiles. Appel a été formé contre ces décisions devant la Chambre de l’instruction de la cour d’appel de Reims.
  • Sur le plan civil : le juge des tutelles avait refusé, en 2016, de transférer Vincent et de mettre fin aux interdictions arbitraires de visite, et avait même considéré les parents de Vincent comme irrecevables à présenter ces demandes. La cour d’appel de Reims les a au contraire déclarés recevables mais a refusé le transfert, estimant ne pas être compétente pour statuer sur les défauts de soins invoqués et prouvés. La Cour de cassation a été saisie.
  • Sur le plan administratif : le Conseil d’État a, dans son arrêt du 19 juillet 2017, mis fin aux demandes de François Lambert, demi-neveu de Vincent et partisan acharné de l’euthanasie de son oncle, de mettre en application la décision d’arrêt d’alimentation et d’hydratation entérales prise en janvier 2014 et dit qu’une telle décision d’arrêt ne peut être prise qu’après une nouvelle procédure collégiale.

Aujourd’hui, le combat se poursuit pour obtenir que Vincent soit enfin placé dans un établissement spécialisé, où il pourra recevoir les soins les plus appropriés, dont il est encore privé.

Plusieurs autres démarches sont réalisées parallèlement aux actions judiciaires :

  1. Les parents de Vincent ont pris au mot madame la ministre Agnès Buzyn qui a affirmé publiquement qu’elle veut traiter le sujet « avec les personnes concernées ». Un rendez-vous avec la ministre va ainsi être demandé. Des éléments qui prouvent que Vincent Lambert est bien vivant et qu’il peut faire des progrès lui seront montrés.
  2. Des contacts sont en cours auprès d’associations européennes, afin de trouver d’autres établissements qui soient prêts à l’accueillir et qui puissent être proposés.

Plus que jamais, faites circuler l’Appel pour Vincent auprès de vos proches.

Ces prochains mois seront déterminants. Vincent peut encore être transféré, ou mourir de faim et de soif. C’est la dernière ligne droite !

Le Comité de soutien à Vincent Lambert

Vincent Lambert devant le Conseil d’Etat : vers une petite victoire ?

Hier, 10 juillet 2017, le Conseil d’Etat a examiné une nouvelle fois la situation de Vincent Lambert, saisi après l’arrêt rendu par la Cour d’appel administrative de Nancy du 16 juin 2016.

Son examen portait sur la triple question de :

  • savoir si un médecin, appelé à remplacer un confrère démissionnaire, est tenu par les décisions médicales que celui-ci a prises, ou bien s’il doit personnellement prendre une décision médicale,
  • savoir s’il est légal de suspendre sine die une procédure collégiale,
  • savoir quel type d’injonction peut être adressé par un juge à un hôpital et à un médecin.

Le rapporteur public a estimé qu’un médecin, y compris dans le cadre d’une procédure collégiale, n’est jamais tenu d’exécuter les décisions prises par son prédécesseur, mais doit prendre lui-même une décision médicale, à la suite d’une nouvelle procédure collégiale. Cette proposition de réponse était soutenue par les avocats des parents de Vincent, mais aussi par le CHU. Elle est en réalité la simple application du principe bien connu d’indépendance du médecin.

Il a également considéré que la décision du docteur SIMON de suspendre la procédure collégiale le 23 juillet 2015 constituait bien une décision administrative susceptible d’être déférée devant un tribunal, qu’il peut être légitime de suspendre une procédure collégiale, laquelle doit tenir compte des facteurs humains et des circonstances particulières de chaque situation, mais que cette suspension ne pouvait pas être indéfinie.

Enfin, il a considéré qu’une demande d’astreinte (formulée ici par François Lambert à l’encontre du CHU) ne pouvait pas être acceptée, en raison du principe d’indépendance médicale. Tout au plus était-il possible d’enjoindre un hôpital à mettre un médecin en mesure de remplir ses devoirs vis-à-vis de son patient.

Il a également admis que cette procédure est désormais largement théorique, dans la mesure où le docteur Simon a à son tour démissionné du CHU de Reims, remplacée en février 2017 par le docteur Sanchez. Mais il a indiqué que cette procédure, pour laquelle il a conclu au rejet des pourvois, pouvait avoir un intérêt pédagogique.

En pratique, la procédure collégiale du Dr Simon ne s’impose pas au docteur Sanchez et celui-ci ne peut arrêter l’alimentation et l’hydratation entérales de Vincent que dans l’hypothèse où il prend lui-même une nouvelle décision médicale en ce sens, à la suite d’une procédure collégiale.

Si le Conseil d’Etat suit les recommandations du rapporteur, ce qui est la cas généralement, ce sera une petite victoire pour les amis de Vincent.

Dans les faits, rien n’interdit au CHU d’entamer une nouvelle procédure collégiale, depuis le début. Mais il sera obligé de tenir compte de la plainte pénale que les parents de Vincent ont lancé contre le docteur Kariger et contre le CHU pour maltraitances et tentative d’assassinat.

Nous espérons que le Dr Sanchez optera pour la sagesse et le bien de Vincent.
Et nous souhaitons que la procédure initiée par les parents de Vincent pour obtenir son transfert trouvera enfin un écho favorable.

En attendant la décision à venir du Conseil d’Etat, restons vigilants et mobilisés !

Le Comité de soutien à Vincent Lambert.
http://www.jesoutiensvincent.com/

Tutelle de Vincent : vigilance et confiance

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Lundi 1er février, Maître Jérôme Triomphe et Maître Jean Paillot assistaient Pierre et Viviane Lambert à l’audience du juge des tutelles de REIMS. Les deux avocats font un point sur la situation.

Quel était l’objet de cette audience ?

Le Juge des Tutelles a entendu en novembre dernier chacun des membres de la famille et le CHU. L’objet de l’audience de ce 1er février était d’entendre le Procureur de la République et les avocats des parties sur le principe d’ordonner une tutelle et sur la personne à qui confier la tutelle.

Comment s’est déroulée l’audience ?

L’audience a duré pratiquement 2 heures. Personne, durant l’audience, ne s’est caché que l’enjeu de la tutelle, c’était le transfert de Vincent Lambert dans un autre CHU, décision qui n’appartient d’ailleurs pas au tuteur mais au seul juge des tutelles.

On comprend mieux dès lors pourquoi ceux qui veulent la mort de Vincent étaient opposés à la tutelle tandis que nous la soutenons.

Le Procureur de la République a même précisé qu’il y avait consensus entre nous, le Parquet et le CHU pour un transfert de Vincent, le CHU ne souhaitant manifestement plus garder Vincent.

Le Procureur de la République a proposé que soit nommé un tuteur extérieur à la famille, et proposé également que Rachel Lambert soit désignée comme subrogé tuteur*, au motif qu’elle n’aurait jamais failli à ses obligations d’épouse… Ses propos sur ce point étaient assez surréalistes ! Et démontraient malheureusement une certaine méconnaissance de la réalité vécue par cette famille. Nous nous sommes opposés à ce que Rachel Lambert soit nommée subrogé tuteur en rappelant notamment qu’elle avait quitté Reims depuis 3 ans, qu’elle avait menti en Justice en faisant croire qu’elle habitait encore Reims pour se donner une légitimité, et qu’elle n’avait depuis 3 ans qu’un projet de mort pour son mari. Nous avons rappelé également que toute cette affaire était partie de son mensonge initial en complicité avec le Dr Kariger consistant à laisser en avril 2013 l’ensemble de la famille dans l’ignorance de l’arrêt de l’alimentation de Vincent et du fait qu’il allait mourir !

Nous avons en revanche demandé que, si le juge des tutelles souhaitait nommer un subrogé tuteur pour ne pas écarter la famille et reconstruire un espace de dialogue, il convenait de nommer également comme 2ème subrogé tuteur le frère de Vincent, David, qui soutient, comme ses parents, que Vincent n’est pas en situation d’obstination déraisonnable et mérite donc d’être respecté dans son intégrité.

La décision sera rendue le 10 mars 2016.

Nous sommes confiants sur la nomination d’un tuteur car il n’existe en réalité pas d’autre solution pour sortir du statu quo actuel, dont personne ne veut et qui se fait au détriment de Vincent. Et une fois le tuteur nommé, nous voyons mal comment le transfert ne pourrait pas être décidé, compte tenu de l’attitude suffocante des membres de l’équipe médicale qui, non seulement se sont acharnés trois fois à vouloir provoquer la mort de Vincent, se sont compromis dans un spectaculaire conflit d’intérêts en accompagnant Rachel Lambert devant la Cour européenne des droits dits de l’homme pour soutenir sa démarche, et lui refusent aujourd’hui encore les soins élémentaires de mise au fauteuil et de kinésithérapie.

Nous espérons que ce transfert permettra une prise en charge réelle de Vincent et le fera sortir du véritable univers carcéral dans lequel il se trouve : encore à Noël, ses neveux et nièces ont été interdits de le visiter en application d’une liste de proscription que le CHU a arbitrairement édictée tout en refusant de nous la communiquer. Nous espérons également que cette prise en charge permettra une rééducation à la déglutition et à l’alimentation par la bouche, mais également qu’elle permettra, le temps aidant, à cette famille brisée de refaire l’unité qui était la sienne avant que le Dr Kariger entre avec effraction dans leurs vies.

* Selon l’article 454 du Code Civil (version au 1er janvier 2009), « […] le subrogé curateur ou le subrogé tuteur surveille les actes passés par le curateur ou par le tuteur en cette qualité et informe sans délai le juge s’il constate des fautes dans l’exercice de sa mission. » Il n’a donc pas de pouvoir direct.

Double actualité brûlante autour de Vincent Lambert

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Les semaines passées ont été calmes mais l’affaire Vincent Lambert est comme l’eau qui dort : il faut rester vigilant. La preuve avec deux actualités importantes, l’une chargée d’espoir, la seconde beaucoup moins… Lundi, 1er février, sera examinée par un juge rémois la demande de mise sous tutelle de Vincent Lambert afin de protéger ses intérêts. Nous avons interrogé pour vous les avocats de Viviane Lambert. Quasi dans le même temps, le Parlement vient de voter un texte sur la fin de vie.

1) Une mise sous tutelle examinée lundi : gage d’espoir ?

Maîtres Jean Paillot et Jérôme Triomphe, avocats de Viviane Lambert apportent leur éclairage sur l’enjeu de l’audition du lundi 1er février, qui pourrait aboutir à la nomination d’un tuteur à la fin du mois de février.

A priori, la désignation annoncée d’un tuteur est-elle une avancée positive dans l’affaire ?

Maîtres : Oui, la nomination d’un tuteur serait une avancée positive. Attention, le seul fait de saisir un juge des tutelles ne signifie pas nécessairement qu’un tuteur va être nommé. La partie n’est donc pas gagnée et le juge sera amené à réfléchir, non pas seulement sur le nom du tuteur, mais d’abord sur l’opportunité de cette mesure. A notre avis, une telle nomination serait pertinente, car elle permettrait de faire valider par un tiers le bien fondé de notre position, consistant à ce qu’un transfert soit ordonné et que les soins nécessaires soient repris. Les éléments médicaux que nous apportons en ce sens devraient nous permettre d’obtenir gain de cause.

Qui peut être désigné : un membre de la famille ou au contraire une personne extérieure, un expert, un médiateur ?

Maîtres : De façon habituelle, un membre de la famille est nommé, et dans les cas difficiles, un tiers peut être nommé. Dans ce cas de figure, où l’antagonisme familial est fort, une personne extérieure à la famille serait plus indiquée, voire une personne morale.

Comment les parents de Vincent Lambert vivent-ils cette nouvelle étape ?

Maîtres : Ils sont confiants. Il est nécessaire de sortir de l’impasse actuelle. La nomination d’un tuteur fera avancer la situation actuelle, qui n’est pas admissible et qui n’est plus tenable.

2) Les parlementaires votent une loi alarmante sur la fin de vie

Interrogé par Gènéthique, site d’information sur la bioéthique, Maître Jean Paillot explique avec rigueur les problèmes que soulève ce texte pour les grands handicapés, les risques pour ces derniers et ce que sous-tend de radical l’esprit de cette loi.

Extrait :   » Il ne faut pas être dupe : ce texte ouvre la porte aux euthanasies par omission, dès lors qu’il admet la légitimité d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation artificielles d’une personne handicapée et incapable de donner elle-même son consentement, arrêt dont les conditions d’accès ne sont pas parfaitement précises et sont insuffisamment entourées de garanties. « 

Lire l’intégralité de l’entretien sur Gènéthique

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