Je soutiens Vincent

Comité de soutien à Vincent Lambert
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Catégorie : Qui est Vincent Lambert

« Vincent est bien vivant ! » 

Portrait de Vincent Lambert par ses parents, Pierre et Viviane.

Vincent Lambert et ses parents © Je soutiens Vincent 2015

Quand il était enfant, comme tout enfant, Vincent était joyeux, vif et d’une sensibilité déjà bien marquée. Nous habitions au fin fond de la campagne et pour limiter les va-et-vient de transport vers l’école, nous avions décidé de lui faire nous-mêmes le CP. Vincent était réceptif. Sa scolarité se déroule ensuite normalement. Il se passionne pour le chant et participe avec passion à une chorale.

Une anecdote d’environ trente ans reflète sa gentillesse, sa générosité, son regard tourné vers les autres. Un jour, sa sœur de deux ans sa cadette a eu un accident de bicyclette. Vincent, du haut de ses six ans, ne voulait plus la quitter, il était aux petits soins pour elle et souhaitait la veiller jusqu’à sa guérison.

En grandissant, son attention pour les personnes vulnérables s’est accrue de façon toute particulière. Cela nous a toujours impressionné. Sa délicatesse, sa diligence l’amènent, en tant qu’élève infirmier, à faire son mémoire sur la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite.

Avant de quitter la maison familiale pour partir faire ses études, il nous confie un clochard avec qui il avait noué des relations et qu’il nourrissait discrètement depuis un certain temps.

Derrière un premier contact d’apparence assez distant se cache chez Vincent un trésor de qualité et d’humanité. Ses confidences, ses lettres si précieuses à ce jour, n’ont rien à voir avec le tableau très déplaisant que l’on a pu faire de lui.

Hélas, un accident de voiture, survenu il y a sept ans, l’a plongé dans une situation de grave handicap. Il est en état pauci-relationnel, ne pouvant plus communiquer verbalement, mais ayant des expressions très souvent surprenantes.

Les médias le traitent comme un légume, mais c’est absolument faux. Comme tout être humain, il s’endort le soir, se réveille le matin, il reconnaît nos voix, il nous suit du regard quand on lui parle, il va manifester un contentement ou un inconfort. Quand on lui met une musique qu’il aime, il cherche d’où elle vient en tournant la tête. Comme les 1.700 patients dans sa situation en France, il va réagir à des sollicitations simples mais pas systématiquement. Vincent est certes handicapé mais il est vivant. Il n’est ni un légume, ni totalement sans conscience.

Et pourtant, au prétexte qu’il ne peut plus avoir de relations, on veut le faire mourir. Faut-il donc également provoquer la mort des personnes démentes, de tous les handicapés mentaux, de toux ceux qui ne peuvent s’exprimer ? Mais surtout, il entre en relation avec ses proches ! Nous qui nous nous relayons auprès de lui 6 heures par jour, nous le savons.

Qui peut avoir assez peu de cœur pour prétendre que nous nous battrions par idéologie ? C’est juste par amour et parce que notre fils est bien vivant mais sans défense que nous défendons sa vie menacée par les bien-portants et les tout-puissants.

La vérité doit être dite sur l’état de Vincent. Nous lui devons au moins cela. Il est certes très handicapé mais il n’est ni atteint de maladie, ni en fin de vie. Il ne souffre pas et ne fait l’objet d’aucun acharnement thérapeutique, ni d’obstination déraisonnable pour être maintenu en vie puisqu’il a juste besoin de recevoir des aliments et de l’hydratation comme tout être humain. Il n’a pas laissé de directives anticipées alors qu’en tant qu’infirmier, il en connaissait l’existence. Il n’a pas désigné de personne de confiance conformément à la loi mais le CHU a décrété que cette personne de confiance était son épouse. C’est elle qui réclame sa mort qu’on a écoutée. Certes, la situation n’est pas facile pour une jeune femme, toute jeune mariée, nous le comprenons. Nous n’avons jamais voulu nous imposer par discrétion mais nous lui avons toujours dit : « Rachel, si tu n’en peux plus, nous prenons le relais ».

Depuis novembre 2012, le CHU refuse à Vincent les soins de base et notamment les séances de kiné, un fauteuil adapté pour lui permettre de sortir de son lit… Vincent est enfermé à clef dans sa chambre surveillée par une caméra. Nous ses parents, nous devons pour lui rendre visite nous soumettre à une pesante et ubuesque procédure de contrôle à l’entrée du service et montrer notre carte d’identité. Le temps est comme suspendu, et Vincent traité comme un mort en sursis….

L’hôpital n’a plus aucun projet de vie pour Vincent, mais nous en revanche, nous en avons ! Nous avons déjà quitté la Drôme pour nous installer à demeure à Reims où nous nous relayons auprès de Vincent 6 heures par jour. Nous nous battons pour transférer Vincent dans une maison d’accueil pour les patients comme Vincent. Ces maisons ont été spécialement créées en 2002 et plusieurs d’entre elles nous ont dit avoir réservé une place pour lui et l’attendre pour s’en occuper. Mais aussi incroyable que cela puisse paraitre, on nous refuse ce transfert et Vincent est pris en otage par le CHU de Reims qui se comporte comme son propriétaire et qui l’a enfermé dans sa chambre comme un condamné dans le couloir de la mort. Nous avons envie parfois de crier « Si vous ne voulez plus vous en occuper, rendez-nous Vincent mais ne le tuez pas ! »

Nous restons confiants et comptons sur la Cour européenne des droits de l’homme pour arrêter cette folie. Protéger Vincent, c’est aussi protéger toutes ces personnes vulnérables contre ceux qui veulent se débarrasser d’eux car ils les encombrent en décrétant qui est digne de vivre, en les rendant ainsi otages du combat pour l’euthanasie.

Pierre et Viviane Lambert, parents de Vincent.

PS : Nous avons été très touchés en apprenant la création d’un Comité de soutien à Vincent. Cette démarche nous fait chaud au cœur et nous en avons besoin. Elle nous semble surtout utile et porteuse de fruits. Merci aux promoteurs de ce Comité et à tous ceux qui rejoindront cette belle initiative.

« Notre frère doit bénéficier d’un projet de vie » 

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Anne rend visite à son frère Vincent

 

Depuis près d’un an et demi, nous avons souhaité rester le plus discrets possible mais aujourd’hui, nous ne pouvons plus nous taire.

Nous sommes profondément meurtris par l’état de Vincent, par les défauts et refus de soins dont il est la victime depuis bientôt deux ans, et par la volonté délibérée et les manœuvres pour l’euthanasier à toute force, y compris par certains membres de sa propre famille.

C’est pourquoi nous souhaitons lancer cet appel du cœur et de la raison et rectifier les contrevérités qui courent.

Non, Vincent n’est pas un légume. L’état dit végétatif qu’on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes car il ne correspond pas à la réalité. Ils lui préfèrent le terme cliniquement exact « d’état d’éveil sans réponse ». Vincent dort, se réveille, suit parfois son entourage des yeux, réagit à certaines sollicitations, n’est branché à aucune machine, ne reçoit aucun traitement qui le maintiendrait en vie. Vincent n’a besoin que d’être nourri et hydraté.

Au bout de cinq ans, le Dr Eric Kariger a décidé de lui supprimer sa nourriture en prétendant qu’il s’agissait d’un traitement médical… Quelque sophisme dont il puisse user, cesser de nourrir et d’hydrater n’a d’autre but que de provoquer délibérément la mort de Vincent qui, faut-il le rappeler, n’est pas en fin de vie.

Nous étions une famille unie, autour de Vincent. Un homme l’a fait éclater en avril 2013 : le Dr Eric Kariger, lorsqu’il a convaincu Rachel de mettre fin à la vie de Vincent par arrêt de son alimentation. Devant nos oppositions et nos supplications, il pouvait tout arrêter mais il s’est au contraire acharné malgré des oppositions formelles ce qui constitue une première dans l’histoire médicale de notre pays. Aujourd’hui comme hier, sans la moindre décence ni la moindre pudeur, il parade dans les médias pour parler de lui après avoir brisé une famille. Il a été largement aidé par ceux qui, sous couvert d’humanité, se sont emparés de Vincent de manière sordide, soit pour faire leur promotion personnelle, soit pour en faire un enjeu politique et législatif. Tous ceux-là oublient que Vincent, notre frère, est un être humain.

Comme vous, nous sommes infiniment navrés de voir notre frère dans son état. Comme vous, nous saluons Rachel qui s’est occupé de son mari pendant 4 longues années avant de décider de partir vivre en Belgique. Comme vous certainement, nous sommes admiratifs de voir à quel point nos parents, qui depuis plus d’un an ont pris le relais de Rachel, s’occupent de lui au quotidien à Reims et lui dévouent leur vie.

Aucun d’entre nous n’a envie de se retrouver dans une telle situation, c’est évident, de même que la situation de Vincent est un fardeau que nous ne souhaitons à personne.

Mais ce n’est pas parce que le fait d’entourer Vincent est pénible pour son entourage que Vincent, qui ne demande rien à personne, doit être mis à mort.

Ce n’est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu’il n’est plus un homme. A ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d’en prendre soin.

Vincent est peut-être le « maillon faible » de notre société, mais contrairement au jeu télévisé, une société vraiment humaine est celle qui accompagne ses « maillons faibles », qui les porte, qui les soigne. Une société qui met à mort ceux qui ne peuvent pas se défendre renie tous ses principes et est appelée à sombrer dans la barbarie.

Personne ne peut dire ce que voudrait Vincent aujourd’hui. Il n’a laissé aucun écrit, aucun témoignage enregistré, aucun élément digne de foi, susceptible de confirmer qu’il souhaiterait qu’on le fasse mourir. Rachel a parlé de ses prétendus souhaits verbaux pour la première fois en cinq ans quand il s’est agi de valider la décision de mort du Dr Eric Kariger. Qui accepterait d’être ainsi à la merci d’un témoignage aussi tardif et contestable ?

Nous sommes au contraire témoins de la volonté de vivre de notre frère : nous avons vu qu’après 31 jours passés sans manger, sa force de vie l’a emporté : il n’a pas lâché psychologiquement, alors qu’il serait mort en 10 jours en avril 2013 s’il s’était laissé aller.

Qui a le pouvoir, sous prétexte qu’il est bien-portant, de décider de la mort d’une personne parce qu’elle serait gravement handicapée ? Ni vous, ni nous.

Qui peut dire que Vincent veut mourir ? Personne.

Alors pourquoi lui infliger toutes ces maltraitances, pourquoi lui refuser depuis 2 ans la kinésithérapie de confort qui constitue une exigence de soin de base, pourquoi ne lui faire aucune stimulation sensorielle, pourquoi ne lui donner comme seul horizon que le plafond de sa chambre sans le mettre chaque matin dans un fauteuil moulé sur mesure comme l’exigent les bonnes pratiques ? Pourquoi refuser qu’il puisse sortir et le laisser enfermé sous clé, dans sa chambre, comme un prisonnier dans le couloir de la mort ?

1700 personnes comme Vincent sont traitées dans quelques 300 unités spécialisées ou à domicile, comme des êtres humains et ont droit à ces soins quotidiens.

1700 personnes y ont droit sauf une ! Vincent Lambert. Notre frère. Qui est traité comme un mort-vivant.

C’est pourquoi nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu’il cesse d’être considéré comme un mort en sursis et qu’il bénéficie enfin d’un projet de vie, et des soins appropriés à son état conformément à la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002, bafouée depuis deux ans par le CHU de REIMS.

Par Anne Lambert, soeur de Vincent Lambert
David Philippon, demi-frère de Vincent Lambert

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