Comité de soutien à Vincent Lambert

Catégorie : Témoignages

Ma fille, pendant 10 ans dans le même état que Vincent, en est sortie

 Le comité de soutien a reçu le 20 juillet un nouveau témoignage d’une mère de traumatisé crânien. En quelques lignes elle nous rappelle que l’enjeu dépasse la personne de Vincent.

Bonjour,

Ma fille est aussi traumatisée crânienne, comme Vincent.

Je ne pourrai être présente jeudi pour entourer Vincent et sa famille.

Ce que je peux vous dire, c’est que ma fille diagnostiquée « état pauci-relationnel », est sortie de l’état pauci-relationnel 10 ans plus tard: grammaire, lecture sans lacune; maths niveau 3ème , communication. Elle est toujours nourrie par sonde , et on reprend depuis peu la rééducation alimentaire avec de la mousse au chocolat.

Je voudrais rajouter que ça me rend malade de voir qu’une mère soit obligée de se défendre bec et ongles la vie de son enfant.

Je suis écoeurée de la désinformation qui a été faite autour de Vincent, avec beaucoup de mensonges et de mauvaise foi.

Sachez que votre combat est aussi celui de milliers actuels et à venir.

Je ne veux pas écrire au Président de la République, Monsieur Hollande. J’ai voté pour lui en 2012. Je croyais qu’il garantissait les grandes valeurs universelles.

Rappelez-lui l’abolition de la peine de mort  portée par Monsieur Badinter et votée en 1981, pendant la présidence de Monsieur Mitterrand.

Montrez-lui ce message, si vous le voulez. Le lira-t-il seulement : Monsieur le Président, faut-il vous supplier, se mettre à genoux pour  implorer votre grâce ?

Je suis avec vous .

Le témoignage de Sophie

J’ai fait la connaissance de la famille Lambert en 1987. Chaque année nous nous retrouvions pendant les vacances d’été. J’ai toujours été impressionné par Viviane, une maman attentive, aimante et se donnant complètement à ses enfants.

Au fil des années, je peux dire que de solides liens d’amitié se sont créés entre nos deux familles.

Quand Vincent était pensionnaire dans le sud de la France, il venait toutes les trois semaines à la maison, et ce pendant trois années consécutives de 1989 à 1991. Il s’est très vite adapté à notre maison et notre vie familiale. Je dirais même qu’il faisait partie intégrante de notre famille ; pour moi, il était comme un autre fils. D’ailleurs, Vincent s’entendait à merveille avec mon fils Laurent, presque du même âge.

Nous aimions beaucoup Vincent qui offrait une personnalité très riche. Enjoué de caractère, très gai, il s’intéressait à toutes nos conversations et était ouvert aux autres et à tout ce qu’il pouvait apprendre.

Malgré l’éloignement géographique, nous avons ensuite gardé des liens très serrés et affectueux avec Vincent. Je lui ai rendu visite à son nouveau domicile avec son épouse. Je me souviens alors d’une conversation au sujet de sa jeunesse. Je lui ai demandé si ces années de pensionnat ne lui avaient pas été trop pénibles et il m’a répondu qu’au contraire, cela avait été les meilleures années de son adolescence. Il était aussi très heureux de nous annoncer la naissance de son premier enfant.

Je voudrais pour finir vous donner ma conviction la plus sincère. Même handicapé et mutilé de ses facultés physiques après ce terrible accident, je suis persuadé que le fond de son être et sa personnalité subsistent.

Sophie Noui

Retour aux témoignages

Le témoignage de Guillaume

Lorsque j’ai entendu parler de Vincent Lambert dans les médias, je n’ai pas fait immédiatement le rapprochement avec le camarade de classe de collège qu’avait été Vincent. Pourtant, avant même de prendre conscience qu’il s’agissait bien de lui, le parti-pris pro-euthanasie de l’écrasante majorité des médias m’est apparu évident.

Par la suite, je me suis informé sur son véritable état de santé, à travers les témoignages de médecins et d’avocats ou auprès de sa maman que j’ai pu avoir au téléphone. Ma première impression s’est vu confirmée : Vincent n’est pas celui que les médias décrivent. En état pauci-relationnel, il a des moments de conscience, très souvent en fin de journée. Il ressent des émotions et il lui est arrivé de verser des larmes. L’injustice et l’inhumanité dont il est victime me révulsent. Son état exige qu’il rejoigne un centre médical spécialisé où sa santé pourrait sensiblement s’améliorer.

Je conserve le souvenir d’un garçon énergique et sportif, aimant beaucoup jouer au football sur le terrain de sport de l’école, chahuteur à l’occasion  en classe et en récréation. Jovial, Vincent aimait la vie. Vincent aime toujours la vie. Vincent ne veut pas mourir. Vincent a besoin de nous comme nous avons besoin de lui. Chacun de nous peut se reconnaître en Vincent, que nous le connaissions personnellement ou non. Son visage est bien celui de l’humanité souffrante devenue intolérable pour certains de nos contemporains.

Retour aux témoignages

Témoignage de Grégory Stifani

Né à La Réole en Gironde, je vis aujourd’hui à Toronto au Canada. Je suis pilote d’hélicoptère et ne pratique aucune religion. J’ai été, et me considère toujours à ce jour, le meilleur ami de Vincent depuis 1989. Lui et moi avons tout partagé, nos joies, nos peines et tout ce qui peut se rapporter à une amitié sincère et profonde. Je veux ici temoigner de ma dernière visite à Vincent, sur son lit d’hôpital, en juillet 2013.

N’ayant pas vu Vincent depuis son dramatique accident, je ne savais pas à quoi m’attendre. Dans quel  état physique et mental, allais-je exactement le trouver ? Accompagné de Viviane, sa maman, je suis rentré dans sa chambre avec une certaine appréhension. Vincent avait les yeux fermés, il dormait sans doute à ce moment. Quand il a entendu ma voix, il s’est mis tout doucement à ouvrir les yeux. Immédiatement, le contact s’est établi.

Après quelques instants, Viviane, par pudeur et respect, nous laissa seuls afin que nous puissions nous retrouver entre hommes.

Je lui parlais alors de lui, de nous, de moi, de nos amis, de mes aventures à l’étranger. Je peux vous assurer que malgré son état immobile et son silence, Vincent était bien présent. Il me regardait dans les yeux. Une de mes mains lui caressant le front, l’autre lui tenant la main, je continuais de lui parler pendant à peu près 30 à 40 minutes.

Au moment de se dire au revoir, j’ai eu la certitude ou disons la confirmation que cet homme, malgré son état, était bien vivant, était bien à mon écoute quand je lui parlais.

Je lui lâchais alors la main en l’embrassant sur le front et au moment où je m’éloignais du lit en le regardant, j’ai réellement vu son buste se redresser tant bien que mal le long du matelas. J’ai vu qu’il essayait de se lever comme pour partir avec moi.

Rempli par l’émotion et la stupeur, je n’ai plus su quoi faire pendant quelques instants. Puis je compris très vite que je me devais de rester pour lui parler encore. Puis au bout de dix minutes, je suis sorti pour rejoindre Viviane dans une salle commune.

Nous avons, elle et moi, parlé de l’état de Vincent pendant quelque temps. Ensuite, il était temps pour moi de repartir. Nous sommes alors revenus dans la chambre de Vincent pour lui dire un dernier au revoir. Je suis resté en arrière par pudeur et pour laisser Viviane embrasser son fils. Là, j’ai vu que Vincent pleurait de gros sanglots. Je compris que l’émotion l’avait envahi tout comme moi. On ne pouvait pas l’abandonner dans cette situation. Viviane décida de rester auprès de lui.

Je partais alors  rassuré. J’avais la conviction, chevillée au corps, que mon ami Vincent se battait pour sa vie.

Retour au témoignages

Témoignage d’Emmanuel Guépin

J’ai connu Vincent en 1988 dans le cadre scolaire. Nous sommes devenus de bons camarades. Ce que j’aimais chez Vincent, c’est qu’il était toujours prêt à faire les 400 coups. Aujourd’hui, je suis très choqué par tout ce que l’on peut dire et lire sur lui, son état, sa famille, ses proches : ce garçon doit partir et ceux qui sont d’un autre avis ne sont pas dignes de s’exprimer sur le sujet.

Ayant appris son accident avec effroi, j’ai eu l’occasion de passer le voir au CHU de Reims en novembre 2009 en compagnie d’un autre camarade de classe. Nous avons pu accéder facilement à sa chambre sans aucun contrôle, nous étions seuls avec lui. Vincent a réagi à notre arrivée en tournant la tête vers nous. Nous avons passé un bon moment ensemble, il n’était pas indifférent. Nous avons constaté que Vincent était juste alimenté par une sonde et n’était pas en «acharnement thérapeutique». Il n’était pas percé de tuyaux de toutes parts comme le relatent certains journaux.

En avril 2013, je reçois un mail m’annonçant que les jours de Vincent sont comptés. J’ai tout de suite pensé à une euthanasie car je n’avais pas entendu parler de dégradation de son état. J’étais atterré. J’ai eu assez vite la confirmation qu’une procédure d’euthanasie était en cours.

Je suis retourné voir Vincent en compagnie de sa Maman durant l’été 2014. J’ai pu accéder à sa chambre après un système draconien de contrôle et avoir laissé ma carte d’identité à l’entrée de l’hôpital. Vincent était très agité des jambes et a tourné la tête. Je lui ai pris la main et je lui ai longuement parlé. Au cours de cette rencontre, j’ai bien senti qu’il n’était pas indifférent à ma visite.

Pourquoi cet acharnement à vouloir le faire mourir ? Il y a beaucoup d’autres personnes en France et dans le monde qui se trouvent dans cet état pauci-relationnel. Alors, on arrête les traitements pour tous, on arrête la médecine dans ce domaine ? Pourquoi Vincent est-il prisonnier du CHU de Reims ? Il est impossible de l’en faire sortir pour le mettre dans un établissement spécialisé adapté à son état. C’est la question que tout le monde se pose. Pourquoi le seul « remède » préconisé par le corps médical du CHU de Reims est la privation d’alimentation et d’hydratation ?  Dans le même établissement, il y a pourtant un autre patient dans cet état de conscience altérée depuis bien plus longtemps que Vincent et pour qui la question ne se pose pas.

La priorité à mon sens, c’est de placer Vincent dans un établissement spécialisé, de le confier à une structure qui va l’aider et le stimuler.

Je souhaite le meilleur pour Vincent et sa famille.

Retour aux témoignages

Témoignage de Benoît Petit

J’ai rencontré Vincent Lambert l’année de ses 16 ans. J’étais nouveau dans le collège et Vincent est devenu au fil du temps un très bon copain, un ami. Sa joie de vivre, son humour et son enthousiasme le rendaient très sympathique et très apprécié de son entourage.

J’ai des souvenirs en pagaille : de bons moments passés ensemble, de grandes conversations à refaire le monde, de parties endiablées de rugby. Au foot, il nous en imposait car il était vraiment très doué, beaucoup plus que moi qui ai deux pieds gauches.

Lors d’une semaine de vacances d’hiver, je l’avais invité chez mes parents en Savoie. Il avait débuté le ski avec beaucoup de volonté mais aussi d’insouciance, ce qui nous a valu, chutes après chutes, un nombre de fous rires incalculables.

Vincent est pour moi un garçon toujours prêt pour de nouvelles expériences, joyeux, un peu mystérieux et intelligent.

Son accident et les conséquences de cette tragédie me peinent et m’émeuvent profondément : autant de malheur pour lui, alors que la vie lui souriait auprès de sa femme et de son enfant ! Tant de souffrances pour ses proches, sa famille, ses parents, ses frères et sœurs dépassent l’entendement. Mais au delà de ce drame et comme si toute cette souffrance ne suffisait pas, la survie de Vincent dans les meilleurs conditions possibles doit se confronter aux partisans du choix de sa mort.

Mais de quoi parle-t-on ? Vincent Lambert est certes handicapé mais il est bien vivant ; il respire seul. Au lieu d’adoucir son sort par des traitements adaptés dans un établissement spécialisé, on parle de l’euthanasier en le privant d’eau et de nourriture…

Que sa famille trouve la force de surmonter cette tempête ! Que le corps médical revienne à la raison et se batte pour le meilleur confort de Vincent !

Viviane, Pierre et tous les proches qui aiment et accompagnent Vincent à son chevet, vous avez toute mon amitié et mon soutien.

Retour aux témoignages

Témoignage de William Hélan

William - Vincent LambertJ’ai connu Vincent et sa famille en 1982 à Châteauroux, il avait alors six ans. Je l’ai très souvent côtoyé à cette époque. En fait, je l’emmenais régulièrement chez mes parents pour le garder quelques heures ou quelques jours.  En peu de temps, il était devenu le petit chouchou de mes parents et surtout de ma grand-mère. Moi, j’étais pour lui comme un grand frère. Après  mon mariage en 1988, nous nous sommes perdus de vue. Les kilomètres et le temps nous ont éloignés.

Je garde cependant et encore aujourd’hui un très vif souvenir de Vincent et de tous ces week-ends et vacances scolaires passés ensemble…
J’avais la charge de lui trouver des occupations et des loisirs. Ces activités, un jour la piscine, un autre la pétanque, ont créé entre nous une grande complicité.

Vincent était un garçon drôle et spontané.  Souvent, à cause de lui, je fus sous l’emprise d’interminables  fous rires. Il était toujours aimable et d’une grande curiosité. Il posait beaucoup de questions.  Je garde le souvenir d’un enfant intelligent et très attachant.

Je tiens à dire que Vincent m’a aidé à sortir d’une vie morose et un peu dépressive. J’alternais alors des périodes d’activité, peu nombreuses, et des périodes de chômage, trop longues. Je ne lui ai jamais dit mais il était devenu le petit frère que je n’ai jamais eu. Merci à toi Vincent !

N’ayant pas connu Vincent à l’âge adulte, il restera pour moi le gamin rigolo de mes souvenirs.

Aujourd’hui, la situation de Vincent  m’attriste pour plusieurs raisons. Il y a  d’abord ce déchirement de la famille, les larmes et les douleurs des uns et des autres. Il y a toutes ces tracasseries et cette énergie dépensée par les parents de Vincent qui sont âgés.  Il y a surtout ce qui m’afflige le plus : que l’on puisse envisager de le faire mourir de faim et de soif dans le but, dit-on, d’abréger ses souffrances. Mais n’y a-t-il pas des milliers et des milliers de personnes en France qui dépendent d’un système d’alimentation et d’une tierce  personne ? Sommes-nous conscients de ce que cela représente d’agir de la sorte envers un autre être humain ? Avons-nous essayé de nous priver de nourriture et surtout d’hydratation durant  cinq jours ? Méditons cela en toute conscience.

Retour aux témoignages

© 2021 Je soutiens Vincent

Theme by Anders NorenUp ↑