Viviane

Vendredi 12 juin, la grande soirée pour comprendre la situation de Vincent Lambert a fait intervenir à Strasbourg des spécialistes. Ils ont pu donner un éclairage à la fois médical et juridique à cette affaire, relancée après la diffusion de la vidéo par le comité de soutien le 5 juin et montrant Vincent bien vivant.

Les différents intervenants se sont adressés à une salle comble: Bernard Jeanblanc, expert médical des parents de Vincent et médecin spécialiste des patients « pauci-relationnel », Maitre Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert et expert au conseil de l’Europe, et enfin Viviane Lambert,  la maman Vincent et l’auteur de Pour la vie de mon fils. La conférence animée par Jean Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, a permis au public de comprendre quelle est la situation réelle de Vincent et ce qu’on lui refuse.

Le 5 juin la CEDH avait rendu sa décision sur « l’affaire Vincent Lambert », en autorisant l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du patient, décision qui l’amènerait, si elle est appliquée, à mourir de faim et de soif. Le 10 juin, le comité de soutien a décidé de publier sur son site une vidéo de Vincent qui prouve qu’il n’est pas en fin de vie. Cette vidéo a rapidement pris une ampleur médiatique incroyable : vu plus de 360 000 fois en 24h, elle a fait l’objet de la une des principales chaines de télévision (BFM, TF1, France 2) et de radio (RMC, Europe 1, France Info, RTL…) et a été relayée sur la plupart des sites de presse.

Le 12 septembre, Bernard Jeanblanc a apporté son expertise pour comprendre quelle est la véritable situation médicale de Vincent, et ce qu’elle implique. « Il faut comprendre cette situation de handicap, qui mérite d’être prise en charge comme toute autre personne en situation de handicapCes patients ont une espérance de vie longue ! ». A la tête d’un pôle handicap dans l’Unité de Vie Spécialisée à Oberhausbergen, près de Strasbourg, il accueille des personnes lourdement handicapées. Il  a donc rappelé la réalité des soins donnés à ces personnes en état pauci-relationnel, qui ne reçoivent pas de traitement, mais qui bénéficient seulement d’une aide à l’alimentation et à l’hydratation. Ces personnes handicapées doivent obtenir  « une prise en charge spécifique et adaptée », telle qu’elle a été définie dans la loi Kouchner de 2002. Vincent n’a pas droit à ces soins pourtant basiques. Le médecin a finalement souligné la persistance d’une communication et d’une relation de ces patients en état pauci-relationnel avec leur entourage.

Viviane Lambert a elle-même témoigné de cette relation : « Vincent est présent, il y a des regards, des échanges, on parle dans le silence ». En présentant son fils et en rappelant son histoire, elle a témoigné de sa présence auprès de lui et de son investissement pour qu’il puisse avoir droit à la vie et continuer à être nourri.

Cette soirée a permis de comprendre dans quel état se trouve Vincent et ce qui se joue dans cette affaire. Elle a rappelé la nécessité de continuer à se mobiliser pour Vincent et les 1700 autres patients dans le même état.