J’ai fait la connaissance de la famille Lambert en 1987. Chaque année nous nous retrouvions pendant les vacances d’été. J’ai toujours été impressionné par Viviane, une maman attentive, aimante et se donnant complètement à ses enfants.

Au fil des années, je peux dire que de solides liens d’amitié se sont créés entre nos deux familles.

Quand Vincent était pensionnaire dans le sud de la France, il venait toutes les trois semaines à la maison, et ce pendant trois années consécutives de 1989 à 1991. Il s’est très vite adapté à notre maison et notre vie familiale. Je dirais même qu’il faisait partie intégrante de notre famille ; pour moi, il était comme un autre fils. D’ailleurs, Vincent s’entendait à merveille avec mon fils Laurent, presque du même âge.

Nous aimions beaucoup Vincent qui offrait une personnalité très riche. Enjoué de caractère, très gai, il s’intéressait à toutes nos conversations et était ouvert aux autres et à tout ce qu’il pouvait apprendre.

Malgré l’éloignement géographique, nous avons ensuite gardé des liens très serrés et affectueux avec Vincent. Je lui ai rendu visite à son nouveau domicile avec son épouse. Je me souviens alors d’une conversation au sujet de sa jeunesse. Je lui ai demandé si ces années de pensionnat ne lui avaient pas été trop pénibles et il m’a répondu qu’au contraire, cela avait été les meilleures années de son adolescence. Il était aussi très heureux de nous annoncer la naissance de son premier enfant.

Je voudrais pour finir vous donner ma conviction la plus sincère. Même handicapé et mutilé de ses facultés physiques après ce terrible accident, je suis persuadé que le fond de son être et sa personnalité subsistent.

Sophie Noui

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