Comité de soutien à Vincent Lambert

Étiquette : Vincent Lambert (Page 2 of 2)

Avec Lasse Nielsen

D’autres « Vincent » sont dans des situations comparables. Nous avons souhaité ici leur donner la parole. Voici donc le témoignage d’Astrid Nielsen, épouse de Lasse Nielsen, qui est en état pauci-relationnel.

Je partage avec vous un simple instant de notre vie avec Lasse, mon mari.

Dans cette vidéo, vous nous verrez, mon mari et moi, dans une situation d’interaction quotidienne comme nous en vivons tant ! Ces instants, nous les transmettons habituellement et régulièrement à nos proches, aux soignants et au monde qui nous entoure.

Aujourd’hui, ces images constituent à mes yeux un témoignage de vitalité. Elles permettent de poser un regard encourageant sur l’état de santé de mon mari.

Je veux que ce message, sans aucun mot, mais ce vrai message en image, vous évoque toutes ces personnes handicapées, invalides, en état de grande dépendance, toutes les personnes en état pauci-relationnel. Si vous les connaissiez, si vous vous penchiez sur elles et sur leur différences, vous sauriez qu’elles sont capables de vous étonner, de vous transmettre de la joie et de solliciter votre réflexion…

Je veux aussi que ce message soit un sourire et un soutien à toutes les personnes qui au quotidien entourent ces grands handicapés. A côté de ces derniers qui se battent, ces personnes, soignants, parents, proches, sont en effet par leur ténacité porteuses d’espoir et de réconfort. Merci de ne pas les regarder de haut ni de les juger… Nous sommes là chaque jour à domicile autour de mon mari pour nouer une relation et le stimuler comme il se doit avec amour, respect et tolérance. C’est grâce à nos  présences stimulantes que l’on observe ça et là de grands progrès.

Lasse et moi continuons à vivre des jours heureux depuis 32 ans maintenant. Nous poursuivons tous les jours ce que nous avons toujours fait et partagé (confidences, sorties, musées, shopping, restaurant, balade au bord de l’eau…).

Certes, il y a des obstacles quotidiens qui parfois découragent et nous démunissent mais jamais ne nous anéantissent..

Ces grands handicapés vivent et ne sont pas en phase terminale. Ne les abandonnons pas.

 

Premiers signataires

  • Laurent Lafforgue, mathématicien (médaille Fields 2002)
  • Dominique Lapierre, écrivain
  • Jean-Christian Petitfils, historien
  • Thibaud Collin, philosophe
  • Eric Germain, doyen de la faculté de droit de Lorraine
  • Anne-Marie Morgand, mère de Philippe en état de conscience minimale
  • Dr Bernard Lange, neurologue et dir. du Centre de rééducation fonctionnelle pour patients en état végétatif chronique et en état pauci-relationnel (Toulouse)
  • Dr  Bertrand Brugerolle, spécialiste en médecine physique et réadaptation (Nancy)
  • Josette Bury, présidente AFTC Lorraine (Association de Familles de Traumatisés Crâniens)
  • Astrid Nielsen, épouse de Lasse Nielsen, en état de conscience minimale
  • Hervé Messager, kiné de Vincent Humbert (Pas-de-Calais)
  • Hugues de Valonne, président de l’ALAGH (Association Lorraine d’Aide aux Grands Handicapés)
  • Dr Bernard Jeanblanc, médecin chef d’une Unité pour polyhandicapés et d’une Unité pour patients en état pauci-relationnel (Strasbourg)
  • Charles Beigbeder, chef d’entreprise
  • Pr Xavier Ducrocq, neurologue en CHU (Nancy)
  • Jacques Bompard, député-maire d’Orange

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Le témoignage de Guillaume

Lorsque j’ai entendu parler de Vincent Lambert dans les médias, je n’ai pas fait immédiatement le rapprochement avec le camarade de classe de collège qu’avait été Vincent. Pourtant, avant même de prendre conscience qu’il s’agissait bien de lui, le parti-pris pro-euthanasie de l’écrasante majorité des médias m’est apparu évident.

Par la suite, je me suis informé sur son véritable état de santé, à travers les témoignages de médecins et d’avocats ou auprès de sa maman que j’ai pu avoir au téléphone. Ma première impression s’est vu confirmée : Vincent n’est pas celui que les médias décrivent. En état pauci-relationnel, il a des moments de conscience, très souvent en fin de journée. Il ressent des émotions et il lui est arrivé de verser des larmes. L’injustice et l’inhumanité dont il est victime me révulsent. Son état exige qu’il rejoigne un centre médical spécialisé où sa santé pourrait sensiblement s’améliorer.

Je conserve le souvenir d’un garçon énergique et sportif, aimant beaucoup jouer au football sur le terrain de sport de l’école, chahuteur à l’occasion  en classe et en récréation. Jovial, Vincent aimait la vie. Vincent aime toujours la vie. Vincent ne veut pas mourir. Vincent a besoin de nous comme nous avons besoin de lui. Chacun de nous peut se reconnaître en Vincent, que nous le connaissions personnellement ou non. Son visage est bien celui de l’humanité souffrante devenue intolérable pour certains de nos contemporains.

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Témoignage de Grégory Stifani

Né à La Réole en Gironde, je vis aujourd’hui à Toronto au Canada. Je suis pilote d’hélicoptère et ne pratique aucune religion. J’ai été, et me considère toujours à ce jour, le meilleur ami de Vincent depuis 1989. Lui et moi avons tout partagé, nos joies, nos peines et tout ce qui peut se rapporter à une amitié sincère et profonde. Je veux ici temoigner de ma dernière visite à Vincent, sur son lit d’hôpital, en juillet 2013.

N’ayant pas vu Vincent depuis son dramatique accident, je ne savais pas à quoi m’attendre. Dans quel  état physique et mental, allais-je exactement le trouver ? Accompagné de Viviane, sa maman, je suis rentré dans sa chambre avec une certaine appréhension. Vincent avait les yeux fermés, il dormait sans doute à ce moment. Quand il a entendu ma voix, il s’est mis tout doucement à ouvrir les yeux. Immédiatement, le contact s’est établi.

Après quelques instants, Viviane, par pudeur et respect, nous laissa seuls afin que nous puissions nous retrouver entre hommes.

Je lui parlais alors de lui, de nous, de moi, de nos amis, de mes aventures à l’étranger. Je peux vous assurer que malgré son état immobile et son silence, Vincent était bien présent. Il me regardait dans les yeux. Une de mes mains lui caressant le front, l’autre lui tenant la main, je continuais de lui parler pendant à peu près 30 à 40 minutes.

Au moment de se dire au revoir, j’ai eu la certitude ou disons la confirmation que cet homme, malgré son état, était bien vivant, était bien à mon écoute quand je lui parlais.

Je lui lâchais alors la main en l’embrassant sur le front et au moment où je m’éloignais du lit en le regardant, j’ai réellement vu son buste se redresser tant bien que mal le long du matelas. J’ai vu qu’il essayait de se lever comme pour partir avec moi.

Rempli par l’émotion et la stupeur, je n’ai plus su quoi faire pendant quelques instants. Puis je compris très vite que je me devais de rester pour lui parler encore. Puis au bout de dix minutes, je suis sorti pour rejoindre Viviane dans une salle commune.

Nous avons, elle et moi, parlé de l’état de Vincent pendant quelque temps. Ensuite, il était temps pour moi de repartir. Nous sommes alors revenus dans la chambre de Vincent pour lui dire un dernier au revoir. Je suis resté en arrière par pudeur et pour laisser Viviane embrasser son fils. Là, j’ai vu que Vincent pleurait de gros sanglots. Je compris que l’émotion l’avait envahi tout comme moi. On ne pouvait pas l’abandonner dans cette situation. Viviane décida de rester auprès de lui.

Je partais alors  rassuré. J’avais la conviction, chevillée au corps, que mon ami Vincent se battait pour sa vie.

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Témoignage d’Emmanuel Guépin

J’ai connu Vincent en 1988 dans le cadre scolaire. Nous sommes devenus de bons camarades. Ce que j’aimais chez Vincent, c’est qu’il était toujours prêt à faire les 400 coups. Aujourd’hui, je suis très choqué par tout ce que l’on peut dire et lire sur lui, son état, sa famille, ses proches : ce garçon doit partir et ceux qui sont d’un autre avis ne sont pas dignes de s’exprimer sur le sujet.

Ayant appris son accident avec effroi, j’ai eu l’occasion de passer le voir au CHU de Reims en novembre 2009 en compagnie d’un autre camarade de classe. Nous avons pu accéder facilement à sa chambre sans aucun contrôle, nous étions seuls avec lui. Vincent a réagi à notre arrivée en tournant la tête vers nous. Nous avons passé un bon moment ensemble, il n’était pas indifférent. Nous avons constaté que Vincent était juste alimenté par une sonde et n’était pas en «acharnement thérapeutique». Il n’était pas percé de tuyaux de toutes parts comme le relatent certains journaux.

En avril 2013, je reçois un mail m’annonçant que les jours de Vincent sont comptés. J’ai tout de suite pensé à une euthanasie car je n’avais pas entendu parler de dégradation de son état. J’étais atterré. J’ai eu assez vite la confirmation qu’une procédure d’euthanasie était en cours.

Je suis retourné voir Vincent en compagnie de sa Maman durant l’été 2014. J’ai pu accéder à sa chambre après un système draconien de contrôle et avoir laissé ma carte d’identité à l’entrée de l’hôpital. Vincent était très agité des jambes et a tourné la tête. Je lui ai pris la main et je lui ai longuement parlé. Au cours de cette rencontre, j’ai bien senti qu’il n’était pas indifférent à ma visite.

Pourquoi cet acharnement à vouloir le faire mourir ? Il y a beaucoup d’autres personnes en France et dans le monde qui se trouvent dans cet état pauci-relationnel. Alors, on arrête les traitements pour tous, on arrête la médecine dans ce domaine ? Pourquoi Vincent est-il prisonnier du CHU de Reims ? Il est impossible de l’en faire sortir pour le mettre dans un établissement spécialisé adapté à son état. C’est la question que tout le monde se pose. Pourquoi le seul « remède » préconisé par le corps médical du CHU de Reims est la privation d’alimentation et d’hydratation ?  Dans le même établissement, il y a pourtant un autre patient dans cet état de conscience altérée depuis bien plus longtemps que Vincent et pour qui la question ne se pose pas.

La priorité à mon sens, c’est de placer Vincent dans un établissement spécialisé, de le confier à une structure qui va l’aider et le stimuler.

Je souhaite le meilleur pour Vincent et sa famille.

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Témoignage de Benoît Petit

J’ai rencontré Vincent Lambert l’année de ses 16 ans. J’étais nouveau dans le collège et Vincent est devenu au fil du temps un très bon copain, un ami. Sa joie de vivre, son humour et son enthousiasme le rendaient très sympathique et très apprécié de son entourage.

J’ai des souvenirs en pagaille : de bons moments passés ensemble, de grandes conversations à refaire le monde, de parties endiablées de rugby. Au foot, il nous en imposait car il était vraiment très doué, beaucoup plus que moi qui ai deux pieds gauches.

Lors d’une semaine de vacances d’hiver, je l’avais invité chez mes parents en Savoie. Il avait débuté le ski avec beaucoup de volonté mais aussi d’insouciance, ce qui nous a valu, chutes après chutes, un nombre de fous rires incalculables.

Vincent est pour moi un garçon toujours prêt pour de nouvelles expériences, joyeux, un peu mystérieux et intelligent.

Son accident et les conséquences de cette tragédie me peinent et m’émeuvent profondément : autant de malheur pour lui, alors que la vie lui souriait auprès de sa femme et de son enfant ! Tant de souffrances pour ses proches, sa famille, ses parents, ses frères et sœurs dépassent l’entendement. Mais au delà de ce drame et comme si toute cette souffrance ne suffisait pas, la survie de Vincent dans les meilleurs conditions possibles doit se confronter aux partisans du choix de sa mort.

Mais de quoi parle-t-on ? Vincent Lambert est certes handicapé mais il est bien vivant ; il respire seul. Au lieu d’adoucir son sort par des traitements adaptés dans un établissement spécialisé, on parle de l’euthanasier en le privant d’eau et de nourriture…

Que sa famille trouve la force de surmonter cette tempête ! Que le corps médical revienne à la raison et se batte pour le meilleur confort de Vincent !

Viviane, Pierre et tous les proches qui aiment et accompagnent Vincent à son chevet, vous avez toute mon amitié et mon soutien.

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Témoignage de William Hélan

William - Vincent LambertJ’ai connu Vincent et sa famille en 1982 à Châteauroux, il avait alors six ans. Je l’ai très souvent côtoyé à cette époque. En fait, je l’emmenais régulièrement chez mes parents pour le garder quelques heures ou quelques jours.  En peu de temps, il était devenu le petit chouchou de mes parents et surtout de ma grand-mère. Moi, j’étais pour lui comme un grand frère. Après  mon mariage en 1988, nous nous sommes perdus de vue. Les kilomètres et le temps nous ont éloignés.

Je garde cependant et encore aujourd’hui un très vif souvenir de Vincent et de tous ces week-ends et vacances scolaires passés ensemble…
J’avais la charge de lui trouver des occupations et des loisirs. Ces activités, un jour la piscine, un autre la pétanque, ont créé entre nous une grande complicité.

Vincent était un garçon drôle et spontané.  Souvent, à cause de lui, je fus sous l’emprise d’interminables  fous rires. Il était toujours aimable et d’une grande curiosité. Il posait beaucoup de questions.  Je garde le souvenir d’un enfant intelligent et très attachant.

Je tiens à dire que Vincent m’a aidé à sortir d’une vie morose et un peu dépressive. J’alternais alors des périodes d’activité, peu nombreuses, et des périodes de chômage, trop longues. Je ne lui ai jamais dit mais il était devenu le petit frère que je n’ai jamais eu. Merci à toi Vincent !

N’ayant pas connu Vincent à l’âge adulte, il restera pour moi le gamin rigolo de mes souvenirs.

Aujourd’hui, la situation de Vincent  m’attriste pour plusieurs raisons. Il y a  d’abord ce déchirement de la famille, les larmes et les douleurs des uns et des autres. Il y a toutes ces tracasseries et cette énergie dépensée par les parents de Vincent qui sont âgés.  Il y a surtout ce qui m’afflige le plus : que l’on puisse envisager de le faire mourir de faim et de soif dans le but, dit-on, d’abréger ses souffrances. Mais n’y a-t-il pas des milliers et des milliers de personnes en France qui dépendent d’un système d’alimentation et d’une tierce  personne ? Sommes-nous conscients de ce que cela représente d’agir de la sorte envers un autre être humain ? Avons-nous essayé de nous priver de nourriture et surtout d’hydratation durant  cinq jours ? Méditons cela en toute conscience.

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La vérité sur l’état de santé de Vincent

On entend souvent dans la presse des affirmations sur l’état de santé de Vincent qui se serait très dégradé. Qu’en est-il en vérité ? Avec l’aide de personnes du monde de la santé qui ont rencontré Vincent, faisons le point sur les principales affirmations entendues.

 

Vincent Lambert © Comité de soutien à Vincent Lambert 2015

Vincent n’est pas malade, mais handicapé. Il est atteint d’un état de handicap très sévère, mais stabilisé, sans réel espoir de réversibilité, compatible avec une durée de vie de plusieurs années. Il n’est absolument pas en fin de vie. Pour preuve, depuis plus de 2 ans qu’est programmée cette fin de vie, celle-ci n’est pas survenue spontanément. Même quand il fut privé de nourriture pendant 31 jours. Vincent est bien vivant, sans menace immédiate sur ses jours.

Vincent Lambert © Comité de soutien à Vincent Lambert 2015

Vincent n’est pas dans le coma. Il s’éveille, dort. Il ouvre les yeux, tourne la tête tantôt à droite, tantôt à gauche, remue parfois la jambe gauche, déglutit sa salive. Il respire sans machine, comme vous et moi. Mais il ne parle pas. Il n’a pas été possible d’établir de code de communication fiable, car il ne donne aucun signe de réaction immédiatement interprétable. Mais il est bien capable d’attirer l’attention sur lui en agitant sa jambe gauche. Les spécialistes ont pu dire qu’il était en état de conscience minimale plus, d’autres ont dit qu’ils ne pouvaient éliminer l’existence d’une conscience. Les examens sophistiqués requis (IRM fonctionnelle) n’ont jamais été réalisés. Et Vincent n’a pas été récemment examiné en présence de ses familiers, ce qui est essentiel pour juger de l’existence d’une conscience. Pour difficile qu’elle soit une relation est possible avec Vincent, un échange – silencieux, à peine perceptible -, que l’on pourrait comparer à ce qui existe avec des personnes autistes.

Tableau récapitulatif des caractéristiques cliniques du coma et des états apparentés (extrait du livre de Steven Laureys « Un si brillant cerveau »).
tableau2

Vincent Lambert © Comité de soutien à Vincent Lambert 2015

Rien ne permet de penser que Vincent souffre, physiquement comme psychologiquement. Les soignants, tout comme les proches, savent parfaitement identifier les signes de souffrance des personnes peu conscientes ou non communicantes. Des grilles d’évaluation spéciales ont été élaborées et sont utilisées là où c’est nécessaire. Quand Vincent agite spontanément sa jambe gauche, c’est généralement pour signaler un inconfort. Il a été dit que, à une époque,  son comportement d’opposition aux soins – qui n’existe plus depuis longtemps, s’il a jamais existé – traduisait une volonté de mourir ! Tous les spécialistes de ces patients ont unanimement dénoncé une telle interprétation. Les experts divergent sur la possibilité d’une perception consciente de la douleur chez Vincent, mais aucun n’a fait mention de tels signes.

Vincent Lambert © Comité de soutien à Vincent Lambert 2015

Vincent vit sans être relié à aucune machine. Il ne peut même pas être « débranché », comme on l’entend dire, puisqu’il n’est pas « branché ». Seule sa nutrition comporte un degré d’artifice, parce que, paralysé, il ne peut se nourrir seul. Vincent est nourri parce qu’il vit. Parce qu’on mange pour vivre. On ne vit pas pour manger . On ne mange pas pour se soigner.

Est-ce que devoir être nourri par un tiers – comme un nourrisson par exemple – est de l’acharnement thérapeutique ? Si ce tiers, faute de temps, est remplacé par une pompe, cela devient de l’acharnement thérapeutique ? Des personnes comme Vincent sont alimentées par une gastrostomie avec une alimentation naturelle dont la consistance est adaptée. Vincent peut même de nouveau déglutir depuis plusieurs mois et pourrait, si on s’en donnait la peine, être partiellement nourri par la bouche. Et il le fait, quand on le lui propose, avec grandes précautions. Mais il ne reçoit pas la rééducation nécessaire pour cela.

Est-ce que recevoir de la kinésithérapie pour limiter les conséquences de l’immobilisation est de l’acharnement thérapeutique ? Mais Vincent n’a aucune rééducation depuis 2 ans et demi.

Est-ce que parler à quelqu’un qui ne vous répondra pas est de l’acharnement ? Acharnement relationnel ?

La réalité c’est que Vincent fait l’objet d’un abandon thérapeutique et pas d’un acharnement. Il est maltraité quand on ne s’occupe pas de lui comme il le devrait et non parce qu’on le soigne et qu’on respecte sa vie.

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