William - Vincent LambertJ’ai connu Vincent et sa famille en 1982 à Châteauroux, il avait alors six ans. Je l’ai très souvent côtoyé à cette époque. En fait, je l’emmenais régulièrement chez mes parents pour le garder quelques heures ou quelques jours.  En peu de temps, il était devenu le petit chouchou de mes parents et surtout de ma grand-mère. Moi, j’étais pour lui comme un grand frère. Après  mon mariage en 1988, nous nous sommes perdus de vue. Les kilomètres et le temps nous ont éloignés.

Je garde cependant et encore aujourd’hui un très vif souvenir de Vincent et de tous ces week-ends et vacances scolaires passés ensemble…
J’avais la charge de lui trouver des occupations et des loisirs. Ces activités, un jour la piscine, un autre la pétanque, ont créé entre nous une grande complicité.

Vincent était un garçon drôle et spontané.  Souvent, à cause de lui, je fus sous l’emprise d’interminables  fous rires. Il était toujours aimable et d’une grande curiosité. Il posait beaucoup de questions.  Je garde le souvenir d’un enfant intelligent et très attachant.

Je tiens à dire que Vincent m’a aidé à sortir d’une vie morose et un peu dépressive. J’alternais alors des périodes d’activité, peu nombreuses, et des périodes de chômage, trop longues. Je ne lui ai jamais dit mais il était devenu le petit frère que je n’ai jamais eu. Merci à toi Vincent !

N’ayant pas connu Vincent à l’âge adulte, il restera pour moi le gamin rigolo de mes souvenirs.

Aujourd’hui, la situation de Vincent  m’attriste pour plusieurs raisons. Il y a  d’abord ce déchirement de la famille, les larmes et les douleurs des uns et des autres. Il y a toutes ces tracasseries et cette énergie dépensée par les parents de Vincent qui sont âgés.  Il y a surtout ce qui m’afflige le plus : que l’on puisse envisager de le faire mourir de faim et de soif dans le but, dit-on, d’abréger ses souffrances. Mais n’y a-t-il pas des milliers et des milliers de personnes en France qui dépendent d’un système d’alimentation et d’une tierce  personne ? Sommes-nous conscients de ce que cela représente d’agir de la sorte envers un autre être humain ? Avons-nous essayé de nous priver de nourriture et surtout d’hydratation durant  cinq jours ? Méditons cela en toute conscience.

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