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Lundi 1er février, Maître Jérôme Triomphe et Maître Jean Paillot assistaient Pierre et Viviane Lambert à l’audience du juge des tutelles de REIMS. Les deux avocats font un point sur la situation.

Quel était l’objet de cette audience ?

Le Juge des Tutelles a entendu en novembre dernier chacun des membres de la famille et le CHU. L’objet de l’audience de ce 1er février était d’entendre le Procureur de la République et les avocats des parties sur le principe d’ordonner une tutelle et sur la personne à qui confier la tutelle.

Comment s’est déroulée l’audience ?

L’audience a duré pratiquement 2 heures. Personne, durant l’audience, ne s’est caché que l’enjeu de la tutelle, c’était le transfert de Vincent Lambert dans un autre CHU, décision qui n’appartient d’ailleurs pas au tuteur mais au seul juge des tutelles.

On comprend mieux dès lors pourquoi ceux qui veulent la mort de Vincent étaient opposés à la tutelle tandis que nous la soutenons.

Le Procureur de la République a même précisé qu’il y avait consensus entre nous, le Parquet et le CHU pour un transfert de Vincent, le CHU ne souhaitant manifestement plus garder Vincent.

Le Procureur de la République a proposé que soit nommé un tuteur extérieur à la famille, et proposé également que Rachel Lambert soit désignée comme subrogé tuteur*, au motif qu’elle n’aurait jamais failli à ses obligations d’épouse… Ses propos sur ce point étaient assez surréalistes ! Et démontraient malheureusement une certaine méconnaissance de la réalité vécue par cette famille. Nous nous sommes opposés à ce que Rachel Lambert soit nommée subrogé tuteur en rappelant notamment qu’elle avait quitté Reims depuis 3 ans, qu’elle avait menti en Justice en faisant croire qu’elle habitait encore Reims pour se donner une légitimité, et qu’elle n’avait depuis 3 ans qu’un projet de mort pour son mari. Nous avons rappelé également que toute cette affaire était partie de son mensonge initial en complicité avec le Dr Kariger consistant à laisser en avril 2013 l’ensemble de la famille dans l’ignorance de l’arrêt de l’alimentation de Vincent et du fait qu’il allait mourir !

Nous avons en revanche demandé que, si le juge des tutelles souhaitait nommer un subrogé tuteur pour ne pas écarter la famille et reconstruire un espace de dialogue, il convenait de nommer également comme 2ème subrogé tuteur le frère de Vincent, David, qui soutient, comme ses parents, que Vincent n’est pas en situation d’obstination déraisonnable et mérite donc d’être respecté dans son intégrité.

La décision sera rendue le 10 mars 2016.

Nous sommes confiants sur la nomination d’un tuteur car il n’existe en réalité pas d’autre solution pour sortir du statu quo actuel, dont personne ne veut et qui se fait au détriment de Vincent. Et une fois le tuteur nommé, nous voyons mal comment le transfert ne pourrait pas être décidé, compte tenu de l’attitude suffocante des membres de l’équipe médicale qui, non seulement se sont acharnés trois fois à vouloir provoquer la mort de Vincent, se sont compromis dans un spectaculaire conflit d’intérêts en accompagnant Rachel Lambert devant la Cour européenne des droits dits de l’homme pour soutenir sa démarche, et lui refusent aujourd’hui encore les soins élémentaires de mise au fauteuil et de kinésithérapie.

Nous espérons que ce transfert permettra une prise en charge réelle de Vincent et le fera sortir du véritable univers carcéral dans lequel il se trouve : encore à Noël, ses neveux et nièces ont été interdits de le visiter en application d’une liste de proscription que le CHU a arbitrairement édictée tout en refusant de nous la communiquer. Nous espérons également que cette prise en charge permettra une rééducation à la déglutition et à l’alimentation par la bouche, mais également qu’elle permettra, le temps aidant, à cette famille brisée de refaire l’unité qui était la sienne avant que le Dr Kariger entre avec effraction dans leurs vies.

* Selon l’article 454 du Code Civil (version au 1er janvier 2009), « […] le subrogé curateur ou le subrogé tuteur surveille les actes passés par le curateur ou par le tuteur en cette qualité et informe sans délai le juge s’il constate des fautes dans l’exercice de sa mission. » Il n’a donc pas de pouvoir direct.