Vincent Lambert avait 33 ans lorsqu’un accident de la route a failli le tuer. D’une manière cruelle, Vincent a survécu à cet accident, mais en a gardé des séquelles irréversibles, et d’une gravité telle que beaucoup se posent la question de savoir si sa vie ne serait pas désormais inutile.

Vincent est tétraplégique comme Philippe Pozzo di Borgo, héros du film Intouchables, et en état de conscience minimale comme Michaël Schumacher. Aucune de ses fonctions vitales n’est altérée : Il dort et se réveille, il réagit parfois à des sollicitations, il tourne la tête pour chercher la provenance d’une musique, il manifeste un contentement ou au contraire un inconfort. C’est trop peu pour son épouse et l’équipe médicale du Centre hospitalier de Reims. Mais c’est assez pour sa mère, son père et certains frère et sœur.

Vincent n’est branché à aucun appareil, il n’est pas maintenu artificiellement en vie. Il a besoin d’une seule chose : qu’on lui donne à manger. Comme un nourrisson ou un handicapé, il est dépendant.

La querelle s’est déplacée du lit d’hôpital vers les prétoires, du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne au Conseil d’Etat et jusqu’à la Cour Européenne des droits de l’homme pour savoir s’il faut ou non abréger la vie de Vincent en cessant de le nourrir et de l’hydrater. Vincent est devenu l’enjeu d’un combat qui le dépasse et qui a transformé une histoire humaine en une affaire, un cas individuel en symbole, un jeune homme handicapé en otage d’une lutte que se livrent partisans et adversaires de l’euthanasie.

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