Zoom hebdo : double actualité à l’Assemblée nationale et au TGI de Châlons-en-Champagne

Débats sur la fin de vie à l’Assemblée: tant que la loi de 2005 restera gravée dans le marbre, la « logique du pire » l’emportera.

Le comité de soutien à Vincent Lambert a relayé en amont de l’examen en séance la mobilisation lancée par la Fondation Lejeune pour alerter les députés et il a suivi les échanges dans l’hémicycle lundi et mardi. Le comité de soutien à Vincent Lambert regrette que la loi de 2005, loin d’être remise en cause, n’ait servi de tremplin à cette proposition de loi pour aller toujours plus loin dans la dérive euthanasique. Pire, Vincent Lambert a été cité à de nombreuses reprises pour justifier la « logique du pire »1.

Le drame vécu par Vincent Lambert et sa famille est la démonstration de l’échec des dispositions de la loi de 2005. Or, loin de remettre à plat le système, la proposition de loi s’appuie sur ce texte érigé en référence et en gage pour aller plus loin. En effet, Marisol Touraine l’assume sans ciller dans l’hémicycle : cette PPL est une « rupture » qui permettra peut être d’aller plus loin demain… Il est d’ailleurs révélateur que la même ministre s’étonne que le député radical Schwarzenberg s’oppose à définir comme des traitements l’alimentation et l’hydratation, lui qui est favorable au suicide assisté : la prochaine étape est déjà annoncée !

Au lieu de repenser le problème et de favoriser l’accès aux soins spécialisés, les promoteurs du texte ont cité Vincent Lambert pour justifier le fait d’aller toujours plus loin vers l’euthanasie en érigeant notamment l’autonomie des patients comme un absolu indépassable. A l’inverse, le comité de soutien à Vincent Lambert rappelle les 3 points qu’il est nécessaire de modifier dans la loi actuelle :
• Préciser qu’une personne handicapée, parmi lesquelles les personnes cérébrolésées, ne peut pas faire l’objet d’un arrêt de traitements par le seul fait qu’elle est handicapée.
• Modifier la procédure collégiale, actuellement appliquée dans le cas d’un arrêt de traitement d’une personne inconsciente, en disant que la décision d’arrêt de traitement ne relève pas d’un seul médecin, qu’elle doit être prise après consensus avec la famille, et qu’à défaut de consensus, une médiation doit nécessairement être proposée par l’établissement médical ou médico-social.
• Définir ce qui relève des traitements et ce qui relève des soins, de manière à ce que l’administration des soins dus à tout patient, quel que soit son niveau de conscience, ne puisse plus être interprétée comme relevant de l’acharnement thérapeutique.

Vincent reste en vie ! La décision de bon sens du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

François Lambert, neveu de Vincent Lambert, avait saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne pour contraindre le CHU de Reims à l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation, selon la procédure prévue par le Dr Kariger, qui a depuis quitté l’établissement. Les juges ont fort heureusement et très logiquement jugé aujourd’hui que cette requête devait être rejetée.

Le comité de soutien de Vincent Lambert s’en réjouit évidemment mais reste vigilant devant le drame auquel aurait pu conduire une décision inverse… Par ailleurs, François Lambert a déjà annoncé qu’il faisait appel de cette décision. Bien que son recours ait peu de chance d’aboutir tant il est isolé dans sa démarche, le comité suit l’affaire avec attention.

Lire également sur ce jugement le communiqué de presse de la Fondation Jérôme Lejeune et la réaction de Jean-Marie le Méné son président